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Avis à la population
         
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Avis à la population 
L’Histoire juive s’affiche
du 18 juin au 10 octobre 2010



Le Musée Juif de Belgique dévoile sa collection d’affiches au public. Cette exposition présente plus de 250 documents issus d’une collection unique dont les pièces les plus anciennes nous ramènent à la Belle Epoque. Le parcours thématique permet de découvrir la diversité des débats de chaque période.

Quel intérêt présente la collection d’affiches du Musée Juif de Belgique ?
C’est la seule – et l’unique - collection d’affiches produites par la communauté juive en Belgique. Elle donne une vision interne des débats et de la diversité de cette communauté. Toutes les affiches que l’on trouve dans les institutions publiques en Belgique présentent une vision externe de la communauté juive. Ce sont des affiches où les Juifs sont des sujets de l’Histoire : les édits autrichiens et napoléoniens, les mesures antisémites adoptées par les nazis entre 1940 et 1942… 

Comment avez-vous initié cette collection ?
Dès les années 1970, nous étions convaincus de l’importance de l’affiche comme miroir de l’Histoire, pour reprendre l’expression célèbre de Max Gallo. Dès la création de l’ASBL Pro-Museo Judaico, nous avons commencé notre collecte de ces documents des communautés juives en Belgique et à l’étranger. Sylvain Brachfeld nous a fait don des affiches qu’il avait collectionnées dans les années 1960 et 1970 à Anvers et déposées au CNHEJ. Nous avons aussi visité systématiquement les organisations juives pour recueillir des affiches dans leurs archives et, enfin, nous en avons reçu de plusieurs donateurs.
 
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Quelles sont les premières affiches qui ont été diffusées dans la communauté juive ? Pour quelle occasion sont-elles imprimées ?
A notre connaissance, les affiches les plus anciennes sont conservées dans des dépôts étrangers et datent d’avant 1920. Elles sont réunies au YIVO et aux Archives Centrales Sionistes à Jérusalem. Pour notre part, l’affiche la plus ancienne date de 1924, elle annonce le premier congrès mondial des étudiants juifs à Anvers. Il est important de noter que peu d’affiches ont été réalisées avant 1920. Elles traitent de sujets politiques, culturels et sociaux. La production d’affiches est exceptionnelle dans la communauté juive de Belgique avant 1920, parce que les moyens financiers ne sont pas suffisants et que ce média est cher pour une petite communauté qui compte de 10.000 à 12.000 personnes au début du XXe siècle.

Comment les affiches évoluent-elles à travers le temps ?
Après la Première Guerre mondiale, la Belgique accueille de nombreux Juifs originaires d’Europe de l’Est. Ces immigrants sont issus de communautés où l’affiche est utilisée en masse, aussi bien pour des problèmes d’hygiène ou de santé publique, que pour des débats politiques, économiques, électoraux, sociaux, etc… Ils emportent avec eux les usages de leur pays d’origine, notamment l’affichage. Il est frappant de constater combien les affiches, qu’ils produisent dans les différents pays d’accueil, se ressemblent. Les sujets sont les mêmes, que l’on vive à Varsovie, Bruxelles, Londres ou Buenos Aires. Notons cependant cette nuance : à Varsovie on colle des milliers d’affiches dans les rues parce que la population juive est bien plus nombreuse qu’à Bruxelles et Anvers. Pendant l’entre-deux-guerres, les affiches sont fréquemment bilingues : en yiddish et en français ou en néerlandais. Après la Shoah, une grande partie du public s’exprimant en yiddish a péri dans les camps nazis, ce qui explique que dès les années 1950 les affiches sont unilingues sauf à Anvers, dans les cercles orthodoxes, où l’hébreu et le yiddish se disputent la première place.  A partir de cette époque, naît un souci graphique croissant et en 1983, on fait même appel à un graphiste israélien de renommée internationale pour réaliser l’affiche des Maccabiades européennes à Anvers. Aujourd’hui, l’affiche est un médium en voie de disparition face aux nouvelles technologies de l’information comme les lettres électroniques ou l’internet qui permettent une diffusion plus rapide et moins onéreuse.

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A la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, on faisait appel à des artistes talentueux qui ont réalisé des affiches d’une qualité exceptionnelle. Trouve-t-on des affiches de cette qualité esthétique dans la communauté juive ? Pour quelle raison ?
Avant la Première Guerre mondiale, la production d’affiches est un domaine réservé à l’élite bourgeoise en raison de son coût relativement élevé. Un certain nombre d’industriels juifs, pour les besoins de leur entreprise, produisent des affiches. Ainsi, la famille Bernheim édite-t-elle une affiche en 1904 à l’occasion de l’inauguration de l’Innovation. Benedictus & Pinkhof réalisent une affiche publicitaire pour les cigares Primus inter pares et l’artiste Adolphe  Crespin dessine une affiche commerciale pour les activités professionnelles du chimiste Robert Goldschmidt. 

Quel est l’âge d’or de l’affiche dans la communauté juive ?
Si l’on se réfère au nombre d’affiches produites au cours d’une période donnée, les années qui suivent la crise économique de 1929 constituent un âge d’or en raison du nombre et de la multiplicité des documents que l’on a réunis. Dans les années 1930, tout concourt à un bouillonnement culturel et politique : les problèmes politiques internationaux, la montée du nazisme, la question sioniste, les pogromes en Palestine, la création du Birobidjan… Cela entraîne une effervescence des débats et mouvements politiques qui s’activent dans la communauté juive. Par ailleurs, une fois installés en Belgique, les immigrés veulent se divertir avec des productions issues de leur pays d’origine, dans leur langue d’origine. Ils organisent donc de nombreuses activités sociales et culturelles. En revanche, si l’on se réfère à la qualité esthétique des affiches, la période allant de 1970 à 1990 est un âge d’or. En effet, on fait très attention à la façon d’informer le public et le nombre de documents est très élevé. A cette époque, les activités concernent le soutien à Israël et la mémoire de la Shoah, en plus des manifestations sportives ou culturelles.  
 
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Comment l’affichage a-t-il évolué au cours des dernières décennies ?
Au cours des dernières années, on constate que seules les grandes organisations publient encore des affiches, souvent réalisées par des graphistes avec lesquels elles entretiennent une longue collaboration. Pour ces institutions, l’affiche est considérée comme un plus, voire une consécration. Par contre, de nombreuses associations publient des affiches, de moindre qualité, réalisées grâce à l’assistance des programmes d’ordinateurs. 

Ces affiches ont rarement été collées dans les rues, même dans certains quartiers d’Anvers ou de Bruxelles. Pour quelles raisons ?
Un seul type d’affiches a fait l’objet d’un collage systématique et massif : les affiches de propagande antisémite et les lois antijuives sous l’occupation de la Belgique par les nazis. A l’occasion des combats politiques importants que la communauté juive a menés au cours des cinquante dernières années, trois événements ont donné lieu à un affichage dans les rues : la lutte contre la résurgence des actes antisémites perpétrés par des groupes nazis en 1960, le soutien aux Juifs d’URSS au début des années 1970 et le soutien à Israël au cours de la guerre du Kippour en 1973. Pendant l’affaire du Carmel d’Auschwitz dans les années 1980, quelques activistes ont pris la liberté de coller des affiches dans certains quartiers de Bruxelles, mais cette action était plus limitée. Le Musée Juif de Belgique distribue régulièrement ses affiches à travers des sociétés de diffusion. Par contre, dans la communauté juive, on constate qu’il existe une volonté de rester discret, ce qui est paradoxal pour une affiche. Les organisateurs estiment sans doute que leurs activités n’intéressent pas le grand public. 

Comment l’exposition sera-t-elle présentée ?
En raison du nombre élevé d’affiches et de la surface dont nous disposons, nous exposons environ 250 documents représentatifs de l’ensemble de la collection. L’itinéraire reflète l’effervescence culturelle de la communauté juive, le foisonnement de conférences, pièces de théâtre, expositions… Il souligne également l’importance des thèmes comme la mémoire de la Shoah et la lutte contre la résurgence du fascisme ainsi que la centralité d’Israël. Dans chaque section, nous avons d’abord privilégié la diversité des événements et des associations. Nous avons également sollicité l’avis d’un graphiste pour établir cette sélection.
En cliquant sur les liens, vous pourrez visionner des extraits du film réalisé par Olivier Hottois  "La mémoire imprimée, un siècle d'affiches en Belgique."
1er extrait
2ème extrait
3ème extrait
 
 
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Adresse

Musée Juif de Belgique
rue des Minimes 21
1000 Bruxelles
Téléphone : 02 512 19 63 
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