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Maurice Frydman

Maurice Frydman - A fleur de peau


Exposition du 14 mars au 22 juin 2008.


Né à Paris en 1928 au sein d’une famille immigrée de Pologne, Maurice Frydman vit et travaille à Bruxelles. Passionné par l’anatomie humaine, il voue son travail - entre autres - au thème du couple et de l’enfant. En outre, il est hanté par le potentiel destructeur de l'humanité, par sa barbarie et ses crimes. L’amour et la violence sont les deux thèmes antagonistes qui guident son oeuvre.

Les matrices

L’œuvre contemporaine de Maurice Frydman semble a priori entretenir très peu de rapports avec sa production antérieure. La césure est grande entre son travail figuratif d’expression classique et les œuvres abstraites qu’il réalise aujourd’hui. Une analyse plus attentive des œuvres récentes laisse pourtant apparaître une continuité sous-jacente.

              

La souffrance peut se percevoir dans la fragilité des œuvres abstraites. Les matrices ne sont autres que des agrandissements d’une partie du corps humain. Maurice Frydman se rapproche de plus en plus près du corps pour en peindre des fragments, ce qui l’amène à visualiser l’épiderme, la chair, la matière humaine, jusqu'à la saisir de l’intérieur. Va-et-vient, proximité et éloignement, évaluation, distance, recomposition, réflexion, réalisme, détail, minutie. L'obsédante présence de la matière s'inscrit dans la ligne des toiles réalisées dans les années 1960. La peinture de Maurice Frydman est une recherche constante visant à restituer la plastique de la peau. Elle constitue une interprétation abstraite du corps. Sa technique transforme la toile en épiderme.

Maurice Frydman se tient à distance des artistes conceptuels. Il reste attaché aux méthodes traditionnelles, qui savent la valeur des couleurs et de la toile et ne cachent pas leur amour du savoir-faire. On ne le classera pas pour autant parmi les nostalgiques, tant est évident le dynamisme d'une œuvre dans laquelle le recours à différentes techniques et le sens de l'expérimentation traduit une recherche qui n'hésite jamais à se reprendre à partir de ses racines.

L’indicible

Au cours des années 1960, il réalise une série de toiles inspirées par la Shoah. Celles-ci constituent autant de visions de l’horreur des camps, de confrontations brutales avec une réalité reconstituée. En effet, l’artiste ne nous livre pas, en témoin direct, une expérience vécue. Il ne s’agit pas davantage pour lui de transmettre une conception intellectuelle, poétique ou artistique de l'horreur.

Sa peinture est l’instrument par lequel il tente d'exorciser la culpabilité d’avoir échappé à la déportation. Sauvé de l'anéantissement par l'accablant arbitraire du hasard, il lui fallait exprimer l'angoisse d'avoir côtoyé la destruction industriellement programmée et s'attacher à évoquer l'indicible. Ce travail s'insère au cœur d'une recherche qui traverse toute l’œuvre : dire sa fascination pour la figure humaine et représenter l’irreprésentable. Le public pourra voir quatre toiles sur le thème de la Shoah que Maurice Frydman offre au Musée Juif de Belgique.

    

 

Adresse

Musée Juif de Belgique
rue des Minimes 21
1000 Bruxelles
Téléphone : 02 512 19 63 
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